La dépression chez les femmes
La dépression se manifeste de manière différente chez tout le monde, et les femmes ont tendance à vivre la dépression de façon différente des hommes. Il existe des troubles dépressifs reliés aux phases de la vie reproductive de la femme qui ne touchent que celle-ci, tels que le trouble dysphorique prémenstruel, la dépression post-partum et la dépression ménopausique.
Trouble dysphorique prémenstruel – trouble caractérisé par une dépression grave, l’irritabilité et d’autres perturbations de l’humeur. Il se produit habituellement dans les deux semaines précédant les règles de la femme pour s’atténuer dès la première ou deuxième journée de celles-ci (Les antidépresseurs. Comment sortir de la depression. Les moyens de lutte contre le stress).
Dépression post-partum – dépression survenant dans le mois suivant l’accouchement d’un bébé.
Dépression périnatale – terme inclusif désignant une dépression qui survient durant la grossesse ou dans les six à 12 semaines suivant l’accouchement.
Dépression ménopausique – dépression se produisant durant la période transitionnelle entre la préménopause et la ménopause.
Taux plus élevés de dépression chez les femmes
La dépression touche les hommes et les femmes, mais davantage de femmes sont diagnostiquées à un moment donné de leur vie. Les différences à cet égard se font remarquer dès la puberté et durent jusqu’à la période suivant la ménopause.
Les femmes sont environ deux fois plus susceptibles de vivre un épisode dépressif.
Une femme sur huit souffrira de dépression à un moment donné de sa vie.
La dépression peut survenir à tout moment dans la vie d’une femme, mais elle est plus courante entre les âges de 25 et 44 ans.
L’âge où la dépression survient est plus jeune chez les filles que chez les garçons.
Les femmes vivent davantage d’épisodes dépressifs au cours de leur vie.
Manifestations différentes chez les femmes
Bien que la description diagnostique de la dépression soit la même pour les deux sexes, les femmes ont non seulement une expérience subjective différente de la maladie, mais celle-ci se manifeste de façon différente chez elles aussi. Les femmes ont tendance à signaler des symptômes plus nombreux et plus graves.
On a tendance à qualifier les symptômes des femmes de « dépression atypique ». Parmi les symptômes atypiques, mentionnons :
humeur réactive, qui s’améliore en réponse à des événements positifs
hyperphagie (on mange excessivement) ou prise de poids
hypersomnie (on dort excessivement)
grande fatigue physique
sensibilité au rejet
De plus, les femmes se plaignent de davantage de symptômes somatiques (physiques) reliés à leur dépression, tels que maux de tête ou douleurs corporelles, ainsi que de pensées négatives et d’intenses sentiments de culpabilité. Elles sont également plus susceptibles de perdre leur intérêt pour les relations sexuelles et de pleurer davantage que les hommes. La recherche nous a montré que l’expérience subjective de la détresse est plus intense que celle des hommes.
Les raisons pour ces différences ne sont pas bien comprises, mais nous parlerons dans cette section de diverses théories concernant les facteurs biologiques, socioculturelset psychologiques à l’origine de ces différences.
Suicide
Les femmes souffrant de dépression courent un risque plus élevé de suicide. Bien que les hommes se suicident plus souvent que les femmes, celles-ci font plus de tentatives de suicide. Si vous avez des idées suicidaires, il est important que vous cherchiez immédiatement de l’aide.
Appelez votre médecin.
Composez le 911.
Allez au service des urgences le plus proche.
Appelez un centre de prévention du suicide
La dépression et le cycle reproductif
Les fluctuations hormonales qui accompagnent le cycle reproductif de la femme ont été associées à la dépression. Veuillez consulter notre section sur les cycles reproductifs pour en savoir plus sur le trouble dysphorique prémenstruel, la dépression périnatale /postpartum et la dépression ménopausique.
Facteurs de risque chez la femme
Aucun des facteurs suivants n’est susceptible de causer tout seul la dépression, mais ce sont tout de même des facteurs importants et particuliers qui ont un impact sur la santé mentale de la femme.
Facteurs bioloigues
Génétique – Les femmes ayant des antécédents familiaux de dépression sont plus à risque. C’est probablement l’interaction de plusieurs gènes et de l’environnement qui explique l’augmentation du risque. Par exemple, si une prédisposition génétique à la dépression s’ajoute à un événement stressant (perte précoce d’un parent, par exemple), il est probable que le risque de dépression augmentera.
Produits chimiques et hormones – Les techniques d’imagerie cérébrale modernes révèlent que le cerveau des personnes déprimées est différent de celui des personnes non déprimées. De plus, les neurotransmetteurs se comportent de manière différente chez les déprimés. L’impact particulier des hormones féminines sur le cerveau et l’humeur suscitent aussi de l’intérêt, d’autant plus que les taux de dépression augmentent à la puberté, avant les règles (période prémenstruelle), durant la période périnatale et lors de la transition entre la préménopause et la ménopause.
Maladies – Les personnes atteintes de certaines maladies sont plus à risque de souffrir de dépression. La dépression peut coexister avec diverses affections médicales, dont les cardiopathies, le diabète, l’AVC, le cancer, la maladie de Parkinson, le VIH/sida et la sclérose en plaques. La dépression a même tendance à intensifier les symptômes de ces maladies dans certains cas. En effet, les hommes et les femmes souffrant à la fois de dépression et d’une autre maladie grave ont tendance à éprouver des symptômes plus intenses. Il est donc important de souligner que le traitement de la dépression peut avoir un impact favorable sur les deux maladies dans un tel cas.
Facteurs socioculturels
Traumatismes – La littérature médicoscientifique nous révèle que la maltraitance des enfants, et plus particulièrement les abus sexuels, augmente le risque de dépression, autant chez l’homme que chez la femme. Or, vu que les femmes sont plus souvent victimes de violence sexuelle dans l’enfance, il est possible qu’elles courent un plus grand risque de dépression.
Rôles multiples – Les femmes jouent souvent plusieurs rôles importants dans leur vie (mère, travailleuse, conjointe, soignante, etc.). Même si ces rôles procurent souvent beaucoup de satisfaction à la femme, ils risquent aussi de lui causer un stress considérable. La recherche nous montre comment les conflits de rôles (entre le travail et la famille, par exemple) sont associés à la dépression chez les femmes.
Oppression sociale – En plus de disposer d’un pouvoir inégal dans notre société, certaines femmes sont victimes de formes d’oppression sociale qui accroissent leur risque de dépression. Les taux de dépression sont plus élevés chez les femmes de couleur, les femmes au statut socioéconomique faible, les femmes en chômage et les lesbiennes (Comment surmonter la dépression. Lutter contre la dépression. La vie après le stress).
Facteurs psychologiques
Nous savons que nombre de facteurs psychologiques, notamment nos pensées, nos émotions et nos réponses aux événements marquants de notre vie, sont façonnés par nos gènes, notre socialisation et nos expériences passées. Il est donc logique que les femmes présentent une variété de facteurs de risque psychologiques (une tendance au pessimisme ou à la culpabilité, par exemple), ainsi que nombre de forces psychologiques (l’entretien de relations de soutien avec d’autres personnes et la capacité d’éprouver des émotions profondes), selon leur situation particulière.
Il est important de souligner les facteurs de risque de dépression parce qu’ils reflètent certaines des différences entre les femmes et les hommes. Il est peu probable qu’un seul de ces facteurs de risque soit à l’origine de la dépression d’une femme donnée, car c’est une combinaison de facteurs qui augmente les risques.